Parade Impossible ; un Kākāpō dans les Vosges
Performance in situ, samedi 2 septembre 2023, Le Heimont, Fresse-sur-Moselle
Avec le soutien de l’AIC de la DRAC Grand Est–Ministère de la Culture
Au sommet d’une longue pente de la forêt vosgienne, une créature mi-humaine mi-perroquet creuse dans la terre avec sa pelle un grand bol. L’enceinte qu’elle y dépose diffuse, au milieu des autres bruits de l’environnement, une composition sonore inspirée des boums du kākāpō. La performeuse imite alors les postures de l’oiseau.
Le kākāpō (du māori, « perroquet de nuit ») est le seul perroquet nocturne incapable de voler. Oiseau endémique de Nouvelle-Zélande menacé d’extinction, les quelques spécimens restants ont été relocalisés sur trois îles exemptes de ses prédateurs (chats et autres mammifères carnivores introduits par les colons européens).

Les kākāpōs, à la saison des amours, aménagent un lek (aire de parade) sur des sommets ou des crêtes, loin de leurs territoires habituels. 
Ils font partie des rares oiseaux à les construire, selon un réseau de bols reliés par des sentiers.

Chaque mâle creuse et entretient un ou plusieurs bols de 30 à 60 cm de diamètre et de 5 à 20 cm de profondeur. 
Chaque bol est le réflecteur/amplificateur de ses cris de parade nuptiale, des boums de basse fréquence qui peuvent être entendus jusqu’à 5 km alentour. 
Chaque cycle de chant, ponctué de courtes pauses, est une succession de cris associés à une suite de postures qui s’enchaînent toutes les nuits de la saison des amours.

La parade du kākāpō sert de modèle et de guide à ce projet en empruntant à son répertoire de gestes, d’attitudes, de sons, d’actions. Les actes-productions du kākāpō sont décorrélés de leurs finalités premières, la reproduction. La parade devient prétexte à une performance sonore sur laquelle se déploie une chorégraphie-transe à la dimension esthétique intrinsèque, tout en soulignant le caractère inadapté ou aberrant du perroquet, qui le rend à la fois beau et loufoque.

Parade Impossible ; un Kākāpō dans les Vosges
48 ex. numérotés et signés, 2024
Sérigraphie sur carte noire, 45 × 64 cm

Réalisées par Julia Mancini dans les ateliers du collectif ödl d’après l’invitation de la performance éponyme.