Des jambes de fourmis, à l’infini
Situation d’écoute spatialisée, 20 septembre 2025, Motoco Mulhouse
7 enceintes sur pieds
Le titre Des jambes de fourmis, à l’infini est emprunté à une pensée de Pascal, croisée dans Arpenter le Paysage¹ où Martin de la Soudière explore la vision du paysage chez différents auteurs littéraires. L’appel à cette pensée qui donne déployée : « Une ville, une campagne de loin est une ville et une campagne. Mais à mesure qu’on s’approche, ce sont des maisons, des arbres, des tuiles, des feuilles, des herbes, des fourmis, des jambes de fourmis, à l’infini. Tout cela s’enveloppe sous le nom de campagne » ² lui permet d’analyser l’approche de Jean-Loup Trassard, qui travaille inlassablement sur un morceau de campagne spécifique, dans la précision du détail et du particulier. Ce fragment pascalien est une manière d’interroger ce que produit la distance à laquelle on se place pour envisager un paysage, un territoire, un lieu. Dans Des jambes de fourmis, à l’infini, on se situe au cœur d’une fourmilière fictive : à partir de petits sons produits à l’atelier et travaillés ensuite, la pièce sonore propose une situation qui plonge les auditeurices dans un moment où ça grouille, ça gratouille, ça stridule, où l’on est immergé dans un micropaysage animé.



  1. Martin de La Soudière, Arpenter le paysage. Poètes, géographes et montagnards, Anamosa, Paris, 2019
  2. Ibid. p. 94